jeudi 4 juillet 2013

Especially so

I look at those hairs that I used to love so much,
So spiky in appearance, so soft to the touch,
Those hairs that would sometimes fall over his eyes,
Especially so when he wants to tell me lies.

I gaze at those hairs that I used then to tousle,
Easier to fixate on them than on his muscles,
Those hairs that would never make me shed tears,
Especially so when all he gives now is fear.

I stare at those hairs that I used then to comb,
Not the raging face below, not the beast at home,
Those hairs that would never make me feel pain,
Especially so when he beats me again.

samedi 11 mai 2013

Green finch and linnet bird

Traduction libre de "Green Finch and Linnet Bird" tiré de "Sweeney Todd, The Demon Barber of Fleet Street" de Stephen Sondheim, livret original en anglais par Hugh Wheeler.


Green finch and linnet bird, nightingale, blackbird,
How is it you sing?
How can you jubilate sitting in cages
never taking wing?

Outside the sky waits, beckoning! Beckoning!
Just beyond the bars...
How can you remain staring at the rain
maddened by the stars?

How is it you sing, anything?
How is it you sing?

My cage has many rooms, damask and dark...
Nothing there sings, not even my lark.
Larks never will, you know, when they're captive.
Teach me to be more adaptive.
Ah...

Green finch and linnet bird, nightingale, blackbird,
teach me how to sing.
If I cannot fly...
Let me sing.
Canaris et mésanges, rossignols, mes anges,
Pourquoi chantez-vous?
Pourquoi ce babillage malgré votre cage
Et la corde au cou?

Dehors le bleu ciel vous appelle, vous appelle
Au delà des barreaux.
Comment rester ainsi, insensibles à la pluie
Derrière les carreaux?

Pourquoi chantez-vous même un peu?
Pourquoi chantez-vous?

Ma cage à moi est grande, mais reste dorée.
Rien n'y chante jamais, même pas ma voix.
Quand on est captive, c'est un oiseau muet.
Je veux m'adapter! Apprenez-moi!
Ah...

Canaris et mésanges, rossignols, mes anges,
Donnez-moi vos voix.
Si je ne peux m'envoler
Je veux chanter.

vendredi 4 janvier 2013

Cheveux long sur oreiller

Cheveu long sur oreiller.
Rescapé d'une nuit.
Espoir. Amour. Enfui.

lundi 13 août 2012

Le conte de la famine


Il était une fois un pays lointain coupé de toute influence étrangère. La population existante cultivait et chassait à peine de quoi survivre. Ces dures conditions de vie faisait que la mortalité était importante et du coup que la culture locale favorisait une natalité importante.

Un jour, un étranger arriva. Il était gentil mais bizarre. Et quand on lui fit goûter une boisson traditionnelle issue de la fève autrement immangeable du cocaoféton, il voulut en échanger le plus possible avec un métal incomestible qui brillant joliment mais qui n'avait aucune valeur parce qu'il était trop mou pour faire quelque outil. On rit beaucoup de la naïveté de l'étranger: le cocaofétonnier était une plante sauvage que personne ne cultivait, et qui était quasiment inutile (à l'exception de ses fèves) pour l'alimentation humaine ou animal. Et les fèves il suffisait de se baisser à la bonne saison pour les ramasser. Parce qu'il avait bien fait rire les indigènes, on renvoya l'étranger chez lui avec tout le cocaoféton qu'il pouvait porter.

Trois ans plus tard, l'étranger revint avec un autre étranger. Le premier proposait toujours d'acheter du cocaoféton avec des rondelles de métal, mais surprise! l'autre étranger acceptait de prendre ce métal inutile en échange de nourriture! Les premiers échanges furent juste inités par jeu, mais rapidement, on s'aperçut que la nourriture obtenue par la vente du cocaoféton faisait un bon complément au régime local.

Comme le cocaoféton ne se conservait pas d'une année sur l'autre, on s'aperçut vite que l'échange contre du métal permettait de s'assurer d'une réserve permanente de nourriture, du moins, tant que l'étranger qui prenait de l'or (nom de l'étrange métal) contre de la nourriture était là...


Et puis, l'idée vint de ne pas juste aller ramasser les fèves tombées, mais de les cueillir sur l'arbre. Voire même de planter ces arbres afin d'avoir plus de fèves à échanger. On se mit donc à cultiver du cocaoféton. Même si la fève ne nourrissait pas l'homme, il suffisait de l'échanger contre de l'or, puis l'or contre de la nourritude!!!!

D'autres acheteurs vinrent pour le cocaoféton: tout le monde semblait fou, et voulait boire cette nouvelle boisson. On donna de plus en plus d'or pour la même quantité de fèves, donc, de plus en plus de nourriture pour le même travail!!!

Logiquement, beaucoup d'indigènes décidèrent de planter du cocaoféton au lieu de leur agriculture traditionnelle vivrière et tant pis si l'arbre prenait cinq ans pour arriver à mâturité. on abattit la plupart du bétail pour planter plus encore. La forêt qui permettait de chasser et de cueillir fut rasée pour pouvoir planter des rangées et des rangées de cocaofétonniers.

On fit des sélections naturelles pour que les plantes génèrassent plus de fèves, résistassent mieux aux insectes... Et toujours un étranger achetait la production et un autre vendait de la nourriture.

Puis un jour, la demande atteignit un sommet, les plantes fragilisées par des générations de sélection tombèrent malades, des plants furent plantés dans un autre pays où elles prospérèrent...

L'étranger voulait toujours du cocaoféton, mais il payait moins. Et la nourriture ne chutait pas en proportion. Les petits producteurs durent vendre leurs terres pour survivre à des producteurs un peu plus gros et argentés qui purent ainsi diminuer leur coût de production.
Mais les prix continuait de chuter et les indigènes s'arrachaient les cheveux de voir que la tonne de cocaoféton (qui était maintenant côtée en bourse dans un pays lointain, si lointain) ne pouvait plus les nourrir.

Les fortunes amassées pendant les années fastes furent dépensées pour acheter de la nourriture: on avait oublié comment planter les cultures locales qui nourrissaient correctement le peuple indigène auparavant. La poursuite de la natalité importante conjuguée à la nourriture constante avait fait exploser la démographie du pays, aggravant d'autant le manque de nourriture quand les cours s'effondrèrent...

Puis vint un jour où il n'y eu plus d'argent pour acheter la nourriture, où les terres plantées de cocaoféton furent possédées par l'étranger, et où la population dût décider d'émigrer ou mourir de faim...

Les familles se cotisèrent pour payer des passeurs et envoyer leurs enfants à l'étranger. Et quand elles n'avaient rien, les candidats à l'émigration essayaient quand même. En attendant l'aide de l'émigré, si elle arrivait un jour! les familles se démenèrent, vécurent difficilement et eurent beaucoup de petits décès...

vendredi 16 décembre 2011

C'est bizarre comme tous mes poèmes...

C'est bizarre comme tous mes poèmes
Ne sont finalement que des "Je t'aime".
Encore une fois celui qui trop aime
Las! Ne fait qu'étreindre des post-mortems.

mardi 17 mai 2011

Donnez-moi un ciel bleu

Donnez-moi un ciel bleu, la pluie ou le soleil,
la caresse du vent et le chant des oiseaux,
    le vert vif d'un printemps à nul autre pareil,
    la plainte charmante du vent dans les roseaux,

De vastes paysages aux prairies verdoyantes,
des senteurs de lavande ou bien de romarin,
    des vergers d'été aux lourdes branches ployantes,
    et l'ombre fraîche d'un arbre dans le jardin.

Donnez-moi une mer aux vagues déchainées,
les eaux calmes d'un lac au pied d'une montagne,
    la pluie de l'automne en ses plaintes effrénées,
    l'odeur fraiche de la terre humide en campagne,

De douces mélodies pour oublier le bruit,
le rire d'un enfant qui s'éveille à la vie,
    le silencieux manteau de l'hiver dans la nuit,
    et le halètement d'un désir assouvi.

Ou ne me donnez rien, j'ai tout au fond de l'âme,
de plus beaux paysages, de doux visages d'Anges,
    la sagesse des ans plus que je n'en réclame,
    le calme contentement des saisons qui changent,

Et tant d'amour au coeur à donner en partage,
que rien ne peut ternir cette foi qui m'enflamme
    D'aimer sans limites, aimer sans maquillage,
    De donner sans regrets, donner de tout son âme.

jeudi 10 mars 2011

Je contemple horrifié les débris épars

Je contemple horrifié les débris épars
De ce lien si tendre que nous avons partagé;
Et le fleuve des pleurs sur mon visage ravagé
Creuse le lit amer des affres du départ.

vendredi 20 août 2010

Toi qui ris.

Toi qui te ris de la haine, des injures des autres, de cette intolérance ordinaire que subissent chaque jour les nôtres. Écoute ma voix.

Tu peux en rire parce que tu as dépassé le stade de l'auto-définition. Tu sais qui tu es, ce que tu vaux, tu t'es accepté en tant qu'être humain avec ses défauts et ses qualités. Tu es en paix avec toi moi-même.

Et du coup, l'intolérance et l'homophobie ordinaires et ambiantes ne sont plus que ce qu'elles sont réellement: de la bêtise pure et immaculée, sans une once d'intelligence pour espérer une éventuelle rédemption.

Et tu peux donc en rire. En rire comme rit l'homme qui a réalisé une épreuve et s'aperçoit que, finalement, elle n'est pas si dure que ça. Parce que l'homme qui a gravi la montagne et la regarde d'en haut la trouvera toujours plus petite que d'en bas...

Ris! Ris donc! Parce qu'il est bon de rire. Parce qu'il est bon de rire quand on est arrivé.

Ris. Mais n'oublie pas ceux qui sont dans la vallée, dans l'ombre perpétuelle de la montagne. Ceux qui y naissent et ne connaissent pas encore la lumière et tournent leur yeux aveugles vers les hauteurs, élus mystérieux d'une honte qu'ils doivent vaincre pour s'achever.

Ris pour ceux qui ont été vaincus, les innombrables oubliés qui ont abandonné l'escalade avant même de l'avoir commencée, défaits par l'altitude à atteindre. Ris pour ceux qui ne peuvent rire parce qu'ils ont honte de ce qu'ils sont.

Ris pour ceux pour qui l'ombre seule de la montagne était insupportable et ont préféré fuir leur vallée de larmes. Ris pour ceux qui ne peuvent rire parce qu'ils ne sont plus.

Ris pour ceux qui cheminent dans les contreforts, tâtonnants, hésitants, durcissant leur volonté à la rigueur des quolibets. Ris pour ceux qui ne peuvent rire parce qu'ils subissent la haine pour avoir affirmé leurs préférences.

Ris pour ceux qui gravissent les pans de la falaise de leur propre acceptation, ceux qui osent sortir de la nuit pour affronter leur propre image enfin révélée. Ris pour ceux qui ne peuvent rire parce qu'ils ne doivent être distraits de leur tumulte intérieur.

Ris! Ris donc! Parce qu'il est bon de rire. Parce qu'il est bon de rire quand on est arrivé.

Ris. Et quand tu auras ton content, n'oublie pas de lancer des cordes à ceux qui ne peuvent rire parce qu'ils ne sont pas encore arrivés.

jeudi 1 juillet 2010

Les couleurs de la vie

Par delà l'arc-en ciel, Judith nous enguirlande,
Soulevant le drapeau orné de ses six bandes:

Rouge pour la santé en toutes les saisons,
Et à défaut d'icelle, au moins la guérison;

Orange la fierté, qui contre l'infortune
Transforme en qualité ce qui nous importune;

Jaune pour le soleil et son rayonnement,
La force primaire accrochée au firmament.

Vert la sérénité, le calme en la nature,
Ce long temps de repos juste avant l'aventure;

Indigo pour l'union, ce bleu de l'harmonie,
paix universelle mais sans cérémonie;

Violet pour l'esprit, la volonté humaine,
Cette âme qui lutte, résiste et se démène.

Ce sont là les simples couleurs de notre vie,
Arc-en-ciel luttant contre les mauvais avis.

Car ce sont elles qui, dans la rue de Christophe,
Furent enfin brandies contre les apostrophes.

Devant le mur de pierre, en luttant pour la cause,
Dorothé sortit enfin du pays qui ose.

mercredi 30 juin 2010

Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'un bel homme inconnu, et que j'aime et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait le même
Ni tout à fait un autre, et me baise et me prend.

Car lui seul sait me prendre, et mon cul frémissant
Rien que pour lui, hélas! cesse d'être un problème
Rien que pour lui, et les feux de mes fesses blêmes,
Lui seul les sait rafraîchir, en y gémissant.

Est-il brun, blond, chauve ou même roux? --Je l'ignore.
Son nom? Que m'importe-t-il tant que lui me fore
Comme la jument que l'étalon enfila.

Son engin est pareil aux rigides statues,
Et pour son cri final, et animal, il a
L'inflexion des cris mortels de ceux qu'on tue.

vendredi 25 juin 2010

Cet ailleurs antérieur

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant*
De revenir, oh! ne serait-ce qu'un instant,
À ma folle jeunesse qui s'en fut répétant:
"On n'est pas sérieux quand on à dix-sept ans".**


C'est là le plus beau, c'est là qui gagne la palme,
Cet endroit que je veux, cet impossible ailleurs,
Tous ces bonheurs d'antan, ce passé antérieur
C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes.***


Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant,****
Ou privez-moi pour toujours de ces souvenirs:
La nostalgie -vous me comprenez, je le sens-
Est un mal que chacun se plaît d’entretenir.*****


= = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = =
* Verlaine, "Mon rêve familier"
** Rimbaud, "Roman"
*** Baudelaire, "La vie antérieure"
**** Apollinaire, "Le voyageur"
***** La Fontaine, "L'homme et son image"

mardi 22 juin 2010

La valse

Je sens ta taille fine
Collée contre ma taille,
Prête à livrer bataille,
À tourner sur le spin.

Et ma main dans ta main
Nos cinq doigts enlacés,
L'autre si bien placée
Qu'elle en forme un écrin.

Nos jambes intriquées,
Le cadre bien préparé:
Rien ne peut séparer
Nos deux corps imbriqués.

C'est l'instant éternel,
(On veut le prolonger)
Juste avant de plonger,
Avant la ritournelle.

        La musique se lance
        En notes égrainées,
        Et par elle entraîné,
        Notre couple s'élance.

Un-deux-trois, quat'-cinq-six,
Pour trois pas en avant,
Et trois pas en tournant:
Six pas pour un délice.

Un-deux-trois, triple pas:
Gauche, droite puis gauche,
De l'arrêt une ébauche
Puis pied droit, gauche et droit.

Quat'-cinq-six, penche à droite,
Ne pas être piégé:
Le sway se veut léger
Et la pente adéquate.

Plaisir de la journée:
Ma tête tourne et tourne.
Une fois je contourne,
Puis je suis contourné.

        Quand tu fais tes vrillés,
        Mon coeur voudrait te dire
        Ce qu'il ne peut qu'écrire
        Avec des pointillés.

...Tu souris de plaisir:...
...C'est la seule volupté...
...Que tu veux accepter...
...Depuis notre partir....

...Et j'oublie un instant,...
...Tellement mon coeur vibre,...
...Tu es maintenant libre,...
...Plus ne suis ton amant....

...Parce qu'en ces moments...
...Je suis -tu ne peux nier-...
...L'unique cavalier...
...Occupant ton présent....

...Tournons, tournons, tournons!...
...Car je veux m'enivrer,...
...Je ne veux me livrer...
...Aux maux de la raison....

        Mais pourquoi te gâcher
        Le plaisir de mes bras?
        Mon âme se taira,
        Point ne veux nous fâcher.

Continuons sans arrêt!
Que cette parenthèse
Où tu soupires d'aise,
Ne s'arrête jamais!

Un-deux-trois, tu enlaces
Quat'-cinq-six, mon cou souple.
Nous sommes plus qu'un couple
Tournant de place en place.

Sur la piste du bal,
Encor pour un instant,
Parodions les amants
En leur rituel nuptial.

La valse est mon délire:
L'illusion d'un prologue,
Mon besoin et ma drogue,
Symbole du désir.

mardi 15 juin 2010

Addiction

Il est ma vie, mon centre, et ma malédiction:
C'est mon ordinateur, coeur de mon existence,
Ma joie et mon malheur, mes peurs et espérances
Noeuds angoissés en ventre en ma folle addiction

Le soir je le revois, amant fou de mes nuits,
Dévorant sans pitié mon reste de sommeil,
Et Morphée rancunier se venge à mon réveil:
Je suis encore en retard au boulot aujourd'hui.

Puis je rentre à nouveau
Rejoindre mon bourreau:
Encore un jeu, une nouvelle partie,
Encore un motif pour une insomnie;
Encore un forum, un site,
Rien pour m'arrêter, tout m'y incite.
Encore un blog pour
Me déstructurer.

Je me lève hagard, le corps exténué,
Mes pensées se disloquent mais je veux néanmoins continuer
Je ne vois plus le jour


les rideaux sont
tirés
les yeux

rives sur

l'ecran
je veux pas me

laver
lever?

qui sait
la faim  est      transitoire la fin
            sans doute   proche
ancore   un  cliqk droi
     issi


la
    ankor 1 site
kliké       sur  le

   bouton  bleux
marké


        "Ecrit un nouveau billet"

mercredi 9 juin 2010

La prairie

Ce soir, je n'ai vraiment pas l'envie d'être seul
À pleurer les deux ans que nous avons vécus,
Pas l'envie de pencher encore sur le linceul,
Ni donc de m'épancher sur mon amour vaincu.

Ce soir, je veux vivre, respirer la lumière,
Enfin être libre de ton amer fantôme.
Ce soir je suis sorti respirer les arômes
Du genêt, de l'ortie sur le fond de bruyère.

Mon coeur toujours hanté du feu de tes baisers,
Mon âme tourmentée se sont vus apaisés.
J'ai retrouvé le calme au sein de la prairie,

Et obtenu la palme -Enfin!- du survivant:
Des herbes intriquées, du soir jusqu'au levant,
Les viva des criquets m'ont proclamé guéri.

mardi 8 juin 2010

Télévision

La télé est une vitrine,
C'est le reflet immonde de nos sociétés
Qui nourrit l'esprit avide sans satiété
Mais pas le coeur dans la poitrine.

Voir le journal me désespère:
Vols, viols, violences, me font douter de l'humain,
Promettant un beau jour mais toujours pour demain,
Remplissant aujourd'hui de guerres.

Et je m'enivre de séries:
Vivre une vie de rêve par procuration
(Rires enregistrés, factices émotions)
Pour oublier que je m'ennuie.

Les reportages, les enquêtes,
Les investigations pour révéler le vice,
M'effraient toujours pour me faire aimer ma police,
L'adorer et lui faire fête.

Les publicités nous attaquent:
(Lait! Savon! Lessive!) achetez messieurs mesdames,
(Habits! Boissons!) tout ce que vante la réclame
(Et vous valez bien votre laque!)

Permettez moi donc de redire
Ce que Patrick Timsit disait avec talent:
"Parfois je regarde la télé et c'est chiant,
Mais quand je l'allume, c'est pire."

lundi 7 juin 2010

Nous sommes tous nés de la mer

Nous sommes tous nés de la brise
De cet air salé et poisseux,
Ce souffle lourd des amoureux,
Quand ils s'échangent une bise.

Nous sommes tous nés du sel moite
Que l'on avale à pleine bouche,
De cette sueur de la couche
Quand deux corps fous enfin s'emboîtent.

Nous sommes tous nés d'une écume:
Mêmes ceux nés loin de la mer
Sont issus du nectar amer
Qui s'est écoulé d'une plume.

Nous sommes tous nés de la houle:
Bercés de ce pas familier,
Roulés, tangués comme un voilier
Dans l'écrin nacré de nos moules.

Nous sommes tous nés d'océans
Il est vrai un peu miniatures,
Rois jusqu'à ce que leur rupture
Nous en chassent par le séant.

Nous sommes tous nés et divins:
Des Aphrodite issues de l'onde,
Des Pégase de mers fécondes,
Dieux et déesses de demain.

jeudi 3 juin 2010

Je ne vous raconterai pas

Je ne vous raconterai pas d'histoire,
Pas une parole, non, pas un mot.
Je ne vous raconterai pas ce soir
Où l'ami commun partit en vélo.

Je ne vous raconterai pas comment
Je lui ai proposé un dernier verre,
Comment on a rejoint l'appartement,
Ni comment on s'est envoyé en l'air.

Je ne vous raconterai vraiment pas
Comment on s'est revu le soir suivant
Pour encore froisser les mêmes draps,
Et le soir suivant, et le soir suivant...

Je ne vous raconterais pas surtout
Mon installation en son grand logis,
Comment je suis arrivé, bout à bout,
Pièce par pièce, petit à petit.

Je ne vous raconterai pas céans
La furtive arrivée du quotidien,
Comment notre tempête sur l'océan
S'est lentement mué en traître train-train.

Je ne vous raconterai pas enfin
Comment on s'est finalement quitté
(Ça a impliqué du gin et du vin
et la fin de la soirée aux vécés).

Je ne vous raconterai pas de craque
Sur comment j'ai déménagé ensuite,
Comment j'ai repris mon bric-à-brac
Par morceaux entre trois ou quatre cuites.

Je ne vous raconterai rien de rien.
Cette histoire, sans vouloir vous fâcher,
N'est rien qu'un souvenir pour les anciens;
Les jeunes, je ne vais pas vous la gâcher.

mercredi 2 juin 2010

Mon Amérique à moi

Mon Amérique à moi, c'est ton corps tout entier,
Ce vaste continent que j'aime parcourir
Des récifs de tes dents dans la baie du sourire
Au tracé -quel émoi!- de tes aimables pieds.

J'aime ta taille fine et le val de tes reins,
Et les ondulations de ton grand dentelé:
Tous ont mon attention et me font panteler
Aux temps de la machine en ton poitrail d'airain.

Mais ce que je vénère, et plus que ta poitrine,
C'est ces deux petits monts, but de pèlerinage,
Ces lieux de déraison où l'appétit m'engage;

Et cette grotte amère, au creux de tes collines,
Qui donne au voyageur, éternel troglodyte,
Repos réparateur à celui qui l'habite.

mardi 1 juin 2010

Qui peut lui reprocher, qui sans hypocrisie?

Qui peut lui reprocher, qui sans hypocrisie?
Quel homme la huera à la lueur du jour,
Et ira s'empresser, la nuit, à sa cour?
Quelle femme, tout bas, pour haïr sans jalousie?

Qui peut lui refuser le droit divin d'aimer

Et Martin, et François, et David, et Abdul,
Mais aussi le délice ignoré de ces foules
Que sont les bras d'Alice, et d'Irène, et d'Edmée?

Libre des préjugés et loin des a priori,

Elle est libre en amour et le monde est sa couche.
En rouge ou en moustache, elle s'émeut des bouches,
Prélude obligatoire à ses love-story.

Ne la jugez pas, vous ne jugez que vous-même:

Le bédouin du désert ne connaît pas la mer;
Comme un cracheur de haine ne connaît que l'amer
Quand le doux miel est réservé à ceux qui s'aiment.

Elle explore un monde où vous n'êtes que novice,

Cueillant les plus beaux fruits quelqu'en puisse être l'arbre;
Et stoïque et sereine, elle restera de marbre
Si d'aventure vous osez hurler au vice.

jeudi 20 mai 2010

Mon coeur est venu souffler dans ton oreille

Mon coeur est venu souffler dans ton oreille,
Rendu  disert  par  le  jus  de  la  treille,
Le vrai dans son plus simple appareil:
Tu  es  à  nulle  autre  pareille.
Je sais que tu me surveilles.
Aucun  rêve  ne  m'effraye
En mon lourd sommeil:
Loin  de  l'éveil,
Mon  soleil
Mireille
Veille.